Nouvel arrêté de Licence : investissements publics pour des profits privés

Pourquoi alors qu’un test de qualité existe en langues, et qu’il résulte d’investissements publics et de la recherche française, choisir de donner de l’argent au privé (alors que l’on n’a par ailleurs pas d’argent) ? 

Le nouvel arrêté de licence conditionne l’obtention de la licence, diplôme nationale, à une certification en langues…. qui est un test privé !!!

Lire à ce propos cette lettre ouverte du Comité de pilotage du CLES, la Certification de compétences en langues de l’enseignement supérieur (convention tripartite MESRI, CPU et UGA).Lettre ouverte Premier Ministre CLES (24.01.2019)

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Des étudiants étrangers aux Gilets Jaunes

“Notre stratégie : opérer une forme de révolution pour que notre attractivité ne soit plus tant fondée sur la quasi-gratuité que sur un vrai choix, un vrai désir, celui de l’excellence. (…) Un étudiant étranger fortuné qui vient en France paye le même montant qu’un étudiant français peu fortuné dont les parents résident, travaillent et payent des impôts en France depuis des années. C’est injuste.”

M Philippe, 20 novembre 2018.

“La France, c’est un fait, consacre une dépense publique élevée à ses formations, et c’est un pari heureux sur l’avenir de sa jeunesse. Nous devons maintenir cet effort et même l’amplifier si possible. En contrepartie, je propose d’augmenter les droits de scolarité dont s’acquittent les étudiants étrangers quand ils étudient dans notre pays. Il n’est pas question de les augmenter à un niveau où ils deviendraient dissuasifs car la France s’honore de former des étudiants qui deviendront à leur tour des ambassadeurs de notre culture. Mais ces droits sont actuellement très bas et doivent mieux refléter le coût qu’ils induisent pour le contribuable français.”

Mme Le Pen, 31 mars 2017.[2]

Avec un art consommé du timing politique, puisqu’au milieu de la mobilisation des gilets jaunes, le premier ministre a annoncé une augmentation des droits de scolarité à destination des étudiants étrangers, espérant sans doute que personne n‘irait s’émouvoir du sort de ces derniers.

C’est pourtant un signal inquiétant, et à plusieurs titres.

Lire la suite ici : Des étudiants étrangers aux Gilets Jaunes

Augmentation des frais universitaires : la longue marche progressive est en marche

Rapide tour de la question derrière la question apparente. Non il ne s’agit pas d’une bêtise du gouvernement comme on l’aurait cru, tout est bien pensé depuis des années, par Hugo Harari-Kermadec.

Conseils de lecture très efficace et rentable : lire deux articles ci-dessous (Flacher, Harari-Kermadec, Moulin), pour se faire une idée de la question :

Article 1 : Un article dans contretemps Contretemps : frais de scolarité dans l’enseignement supérieur qui fait le tour des questions suivantes

Arguments économiques en faveur des frais de scolarité et de leur augmentation

  • « Il est juste d’augmenter les frais puisque ce sont les riches qui vont à l’université »
  • « Augmenter les frais, c’est plus de moyens pour l’éducation »
  • « Tout le monde peut payer grâce au prêt à remboursement conditionnel (ou contingent, ou proportionnel au revenu) »

Financiarisation, marchandisation et employabilité

  • Financiarisation
  • Marchandisation
  • Employabilité

Article 2 : Un article de 40 pages plus détailléFlacher, Harari-Kermadec, Moulin, « Faut-il vraiment augmenter les frais d’inscription ? » in Revue Française d’économie

Un dossier complet L’université saisie par le néo-libéralisme : entre marchandisation et résistances

Robert Gary-Bobo, lanceur d’alerte malgré lui

Université Ouverte

Appeler « Bienvenue en France » un plan de hausse des frais d’inscription pour les étudiant·es étranger·es, quelle idée ! Peut-être celle de Robert Gary-Bobo ? C’est en tout cas l’auteur d’une note du 16 novembre 2016 révélée par les MacronLeaks conseillant à Macron d’augmenter les frais d’inscription, « le nerf de la guerre », et de viser 8 000€ en Licence et 10 000€ en Master… pour tou·tes les étudiant·es. La note précise aussi qu’il ne faut surtout pas annoncer cet objectif, qu’il faut « bannir les mots de concurrence et d’excellence » et les remplacer par « ouverture et diversité ». Et pourquoi pas « Bienvenue en France » ?

Cette note adressée à Thierry Coulhon dévoile crûment la pensée et les arrières pensées de l’auteur. La note distingue « ce qui serait souhaitable » (qui forme la première partie du document) d’une part et d’autre part des éléments stratégiques et communicationnels de la mise en œuvre (deuxième partie de la note).

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Vers des études payantes pour tou·tes

Université Ouverte

Si la hausse des frais d’inscription pour les étudiant·es étranger·es passe, il faut s’attendre à ce qu’ils augmentent rapidement à plus de 4 000 € par an en Licence et autour de 10 000 € par an en master, et ce pour tou·tes les étudiant·es, comme le suggère une note de Robert Gary-Bobo remise au candidat Macron en 2017.


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Les frais d’inscription serviront à compenser le désengagement de l’État

Université Ouverte

Si la motivation officielle du plan « Bienvenue en France » est l’amélioration de l’accueil des étudiant·es étranger·es, il s’agit surtout de compenser des subventions publiques insuffisantes par un financement privé : Emmanuel Macron lui-même l’a expliqué lors du Grand Débat National, le 4 février 2019. Les étudiant·es étranger·es financeront le désengagement de l’État, en s’endettant s’il le faut ! Mais ces frais ponctionnés aux étranger·es n’y suffiront pas, comme le souligne le rapport de la Cour des comptes (p. 82).

Même une hausse généralisée aux nationaux, comme en Angleterre ne suffirait pas à refermer la question du financement de l’enseignement supérieur puisqu’elle s’accompagnerait du désengagement de l’État et de coûts financiers et commerciaux exponentiels. La hausse des frais d’inscription en Angleterre au début des années 2010 s’est en effet accompagnée de la réduction de 80% de la subvention des établissements au titre de l’enseignement supérieur. Une économie qui pourrait rapidement être annulée du fait…

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La hausse des frais touche déjà les Français·es.

Université Ouverte

La hausse des frais d’inscription pour les étudiant·es étranger·es n’est qu’une étape vers la hausse généralisée. Elle a en effet été précédée de très nombreuses exceptions à la tarification nationale: à Sciences Po Paris en 2003puis à l’Université Paris Dauphine, dans les grandes écoles d’ingénieurs, mais aussi dans de nombreux diplômes d’établissement et masters internationaux de la plupart des universités. Sciences Po Paris nous donne donc une idée de l’évolution à attendre une fois la hausse lancée: le plafond des frais d’inscription, fixé à 4000 € en 2003, est monté progressivement pour atteindre actuellement 14000€.

A côté de ces expérimentations pratiques, une longue série de travaux préparent en théorie la généralisation des frais d’inscription. On peut au moins remonter jusqu’au rapport d’Elie Cohen et Philippe Aghion en 2004. Dès cette date, il s’agit à la fois de défendre théoriquement la hausse, mais aussi de définir les conditions politiques de sa…

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